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Municipalité de
Notre-Dame-du-Portage

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Municipalité de Notre-Dame-du-Portage

Contexte historique de la municipalité

Notre-Dame-du-Portage fut érigé en paroisse en 1856
Municipalité de Notre-Dame-du-Portage
Municipalité de Notre-Dame-du-Portage
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Sujet :

Histoire de la municipalité

Notre-Dame-du-Portage fut érigé en paroisse en 1856, détachant son territoire des paroisses voisines soit Saint-André à l’ouest et Saint-Patrice, à l’est qui est maintenant devenu Rivière-du-Loup. Vers 1875, des familles anglophones de Québec, de Montréal et de l’Ontario avaient commencé à affluer au Portage, modifiant ainsi le rythme de vie de ses artisans et de ses petits commerçants groupés près du quai et au pied du Chemin-du-Lac, la route d’accès aux terres de l’intérieur du pays qui avait pris la relève du vieux sentier centenaire.

L’emplacement où se trouve Notre-Dame-du-Portage est fréquenté par les Amérindiens (Malécites, Micmacs, Abénaquis et Montagnais) pendant plusieurs siècles avant l’arrivée des Blancs, puisqu’il est le point de départ et d’arrivée du sentier du Grand-Portage connu plus tard sous le nom de « Portage du Témiscouata ».

En 1673, le territoire de la municipalité actuelle est inclus dans la seigneurie de Verbois, aussi connue sous le nom de Terrebois, concédée en 1673 à François Dionis, un bourgeois de Paris qui ne met jamais les pieds en Amérique. La seigneurie est vendue, en 1689, à Aubert de la Chesnaye, déjà propriétaire de celle de Rivière-du-Loup.

En 1703, la présence de Pierre Boucher est attestée au lieu-dit Rivière-des-Caps, qui formera plus tard la partie ouest de Notre-Dame-du-Portage. En 1754, cet endroit compte 16 propriétaires. En 1762, quatre familles sont établies dans le secteur de l’anse du Portage, alors connu sous le nom de Trois-Ruisseaux. Le sentier du Portage du Témiscouata est converti en véritable route en 1783. En 1815, l’existence d’une auberge est attestée au bas de la côte du Portage, à peu de distance du point d’arrivée du chemin du Portage.

En 1856, la paroisse (1er mars) et la municipalité (19 juillet) sont officiellement érigées, à partir d’une portion du territoire de Saint-Patrice de Rivière-du-Loup et de Saint-André de Kamouraska. La première commission scolaire est établie en 1857, alors que la construction de l’église débute deux ans plus tard.

Dès la fin du 19e siècle, Notre-Dame-du-Portage devient un endroit prisé de villégiature. Elle le demeure toujours, quoique la reconfiguration du réseau routier ait provoqué une diminution sensible des commerces et établissements hôteliers au cours de la deuxième moitié du siècle dernier.

Sentier du portage

Pendant des millénaires avant l’arrivée des Européens en Amérique, les Amérindiens (Malécites, Micmacs, Abénaquis et Montagnais) empruntaient le « portage des canotiers ». Cette antique voie de communication, faite de chemins d’eau et de chemins de terre, leur permettait de se déplacer entre le Saint-Laurent et le fleuve Saint-Jean en canotant sur le lac Témiscouata et la rivière Madawaska ou encore, le plus souvent, sur la rivière Saint-François et le lac Pohénégamouk. Ils portageaient leurs embarcations là où il n’y avait pas de voie navigable. Au fil des ans, plusieurs sentiers furent utilisés, mais celui passant par l’endroit où se trouve le monument du Portageur, sur la route du Fleuve à Notre-Dame-du-Portage, s’est imposé.

Pour communiquer entre l’Acadie et Québec, capitale de la Nouvelle-France, les Français empruntèrent ce chemin de portage. Quelques années avant la conquête par l’Angleterre, ils décidèrent d’établir une voie permanente de communication par voie terrestre entre le Saint-Laurent et l’Acadie. En 1746, commença la construction du « sentier du Grand-Portage », un chemin de trois pieds (,91 m) de largeur débutant à au même endroit que l’ancien portage. La même année, on entreprit les travaux du « chemin du Roy » sur le tronçon entre Kamouraska et Rivière-des-Caps. Cette route, devenue plus tard la route du Fleuve à Notre-Dame-du-Portage, ne sera pleinement carrossable qu’en 1813.

Le sentier du Grand-Portage, aussi appelé portage du Témiscouata, servit à des fins civiles (pour le courrier notamment), militaires (pour le déplacement des soldats), religieuses (pour la circulation des missionnaires) et commerciales (pour la traite des fourrures). Lors de la déportation en 1755, plusieurs Acadiens utilisèrent le sentier pour échapper aux Anglais.

Après la Conquête, il fallut attendre 1783 avant que l’Angleterre, nouvelle maîtresse des lieux, ordonne l’exécution de travaux permettant d’élargir le sentier en un chemin d’environ quatre mètres de largeur. Mais la négligence des autorités ne permit pas de la maintenir en bon état avant la fin des années 1830. L’on se décida alors d’y investir pour assurer le passage des troupes, les colonies étant menacées par les ambitions territoriales américaines et les rébellions faisant irruption tant dans le Haut que dans le Bas-Canada.

À compter de 1856, le chemin de Témiscouata remplaça le chemin du Portage pour relier le Bas-Canada au Nouveau-Brunswick. Aujourd’hui, la route reliant Notre-Dame-du-Portage au Nouveau-Brunswick suit à plusieurs endroits le tracé du sentier du Grand-Portage.

L’église de Notre-Dame-du-Portage
Église de Notre-Dame-du-Portage

L’église de Notre-Dame-du-Portage a été construite entre 1859 et 1863 grâce aux efforts et aux pierres fournis par les paroissiens. L’église s’enorgueillit d’un chemin de croix et d’une toile de Saint-Hilaire. La chapelle anglicane qui se trouvait à l’est de l’église est aujourd’hui disparue. De grandes auberges, des villas, des havres de repos subsistent partout et vivent encore au goût des villégiateurs. Un ruisseau (1,5 km à l’est de l’église) qui dévale la falaise tombe au milieu du monde de rêve, construit ici en miniature par un artisan : moulin à vent nostalgique, pont, maison, espaces fleuris. Ce monde a remplacé la boutique (en face) du charpentier-tourneur Nadeau dont les murs blanchis égalent en propreté les chalets des citadins.

Notre portage à nous

Ce célèbre Sentier du Grand-Portage avait, comme tout le monde le sait, une sortie très connue et très fréquentée, à environ vingt arpents à l’ouest de l’église. Il y a quelques années, les traces en étaient encore visibles sur une assez longue distance. La chambre de Commerce locale à l’époque a bien voulu en marquer l’endroit par l’érection d’un monument dédié au « portageur » d’autrefois (aujourd’hui déplacé de sa situation d’origine). C’est à ce sentier fort ancien et, en son temps, très fréquenté que la municipalité doit son nom.

Autres sorties

Il y a plus de quatre-vingt ans, les anciens de chez nous prétendaient que, longtemps avant la fondation de notre paroisse, il existait sur notre territoire deux autres sorties au portage du Témiscouata : l’une au Rocher-Malin, où il y aurait même eu une espèce d’auberge pour les voyageurs; l’autre, à la rivière des Caps (à l’entrée est de la municipalité). Plusieurs auteurs ont parlé du « portage de la rivière des Caps ». S’agirait-il du portage que l’on connaît au village ou d’un autre?

À la fin du siècle dernier, les vieillards du temps affirmaient qu’un sentier venant du sud et traversant les terres en diagonale, aboutissant au village indien de la rivière des Caps, situé, comme on sait, à l’embouchure de cette rivière. Qu’en est-il au juste? Faits réels? Légende? On ne saurait dire. Toutefois, une description fort détaillée, paraît-il, extraite d’un document récemment découvert, correspondrait parfaitement à un endroit situé exactement en face du Gros Pèlerin et de l’Île-à-Flèche. On sait que cet endroit, voisin de la rivière des Caps et portant même ce nom, est très ancien et a longtemps été célèbre.

Qu’est-ce qu’un portage?
Portageur

Lorsque la navigation devient impossible, les canotiers doivent mettre pied à terre et porter sur leurs épaules leurs embarcations, sur un trajet plus ou moins long et plus ou moins accidenté, jusqu’à l’endroit où ils pourront à nouveau voyager par eau. Les portages naissent donc de cette impossibilité de continuer les parcours par les voies maritimes.



Les Amérindiens connaissent depuis fort longtemps ce portage du Témiscouata. Il leur permettait de passer du bassin de la Rivière St-Jean, au Nouveau-Brunswick, au fleuve Saint-Laurent. Après eux, et dès les tout débuts de la colonisation, les blancs ont utilisé cette route. Ce sentier de portage qui prend racine dans notre municipalité en est donc un fort ancien qui a été, en son temps, très fréquenté. C’est d’ailleurs son imposante présence qui a déterminé le choix du nom de notre municipalité.


La légende du Rocher Malin

Même après de nombreuses recherches dans la petite histoire de Notre-Dame-du-Portage et en interrogeant les personnes plus âgées, personne n’a découvert d’où vient le nom donné à cet écran de roc (beaucoup plus imposant autrefois), situé à 1,5 km à l’ouest du village. Comme une proue de navire, il semble se frayer un chemin vers le fleuve. L’ancienne route vers l’Acadie le contournait par la plage à marée basse et certains affirment qu’on l’a surnommé « Malin » parce que, à marée haute, le voyageur ou le coureur des bois devait l’escalader pour continuer sa route.

Le rocher toutefois ne devint légendaire qu’après qu’une goélette, ancrée à l’île-du-Pot-à-l’eau-de-vie, essuya une forte tempête, perdit son ancre et, poussée par le vent du nord, vint se briser sur les rochers près du Rocher Malin. Des marins y perdirent la vie et, paraît-il, ceux qui avaient survécu au naufrage auraient enseveli au pied du rocher les restes de ceux qui avaient péri.

À cette époque, l’inhumation des morts ne pouvait se concevoir ailleurs que dans un cimetière et les restes des marins reposant près du Rocher Malin n’avaient donc rien de rassurant. On redoutait que dans l’avenir, il puisse y avoir des revenants. Et ce fut la naissance des loups-garous, des feux follets, des lutins endiablés, de Charlo, tous des émissaires du « Malin », le diable.

Tout était donc en place pour laisser libre cours aux légendes. La population du Portage, un peu superstitieuse, fut la cible de farceurs qui surent alimenter ces légendes. Tantôt quelqu’un se déguisait en loup-garou pour accompagner de loin le jeune amoureux se rendant le soir, à la dérobée, à un rendez-vous donné à sa blonde du voisinage. Tantôt deux individus munis de lanternes imitaient un feu follet se tenant l’un au bas du rocher et l’autre en haut; chacun son tour cachait la lumière de sa lanterne, ce qui avait pour effet de faire sauter la lumière de bas en haut et de haut en bas. C’était là un langage qui était certainement diabolique pour les noctambules ou les promeneurs du soir. Ces même farceurs, très discrets sur leur supercherie, clamaient à qui voulait l’entendre que le rocher était habité par des feux follets ayant des révélations à faire à certaines personnes. Nos farceurs connaissaient bien leur monde et choisissaient les personnes les plus peureuses comme destinataires de ces soi-disant révélations.

On raconte également que « Charlo » avait construit sa cabane tout près du Rocher Malin, profitant ainsi du prestige diabolique de ce fameux rocher. Ce Charlo légendaire, on le retrouve pratiquement sur tous les sentiers de coureurs des bois, que ce soit au Québec, sur la route de l’Acadie, en Ontario et jusqu’au Far West américain. Au Portage, Charlo aurait été l’instigateur de la coutume de vendre son âme au Malin. Cependant, au Portage, c’est à Charlo qu’on vendait son âme et cela se passait aux îles Pèlerins. Pour ce faire, il s’agissait de prendre la recette contenue dans un livre à l’index, « Le Petit Albert », imprimé en France, et dont quelques exemplaires avaient été clandestinement importés en Nouvelle-France. Une ou deux copies étaient peut-être en circulation, ayant échappé à la battue des curés qui les brûlaient avec grand apparat, pour bien démontrer à leurs ouailles le venin que ce livre recelait. Toujours est-il que Charlo invitait les durs-à-cuire et les fiers-à-bras à être braves et à vendre leur âme au diable. On raconte, entre autres, l’essai d’un certain Pierrot Leclerc. Il traversa aux îles Pèlerins, après avoir suivi mot à mot la recette du « Petit Albert ». Pour vendre son âme, il fallait voler une poule noire, par un soir d’automne sans lune, et en faire sa compagne de voyage. Cependant, il s’aperçut en cours de route qu’il détenait un coq et non une poule. Faute impardonnable pour la vente de son âme au Malin ! La peur lui fit peut-être dire qu’il avait volé un coq au lieu d’une poule.

Aujourd’hui, le Rocher Malin a perdu de son imposante allure. Devenu dangereux, non pas à cause des esprits malveillants, mais plutôt à cause des éboulements de pierres, on a du réduire sa taille afin que la route demeure sécuritaire. Nos ancêtres seraient bien surpris de le voir si tranquille aujourd’hui!

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